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Dans
quelle mesure les capteurs d'Air Normand permettent-ils de représenter
l'exposition réelle des personnes à la pollution atmosphérique ?
Comment prendre en compte le fait que chacun passe en moyenne 80
% de son temps dans des environnements intérieurs (maison, bureau,
école, magasins, cinéma, transport, gymnase…). Un projet soutenu
par le programme Primequal et mené par 4 partenaires régionaux (
Ville du Havre, le Coria, l'InVS et Air Normand) a permis de montrer
qu'il est possible de fournir des réponses à ces questions à partir
des données disponibles en routine dans les associations de surveillance
de la qualité de l'air et de la connaissance du "budget espace-temps-activité".
Le
calcul s'effectue en plusieurs étapes. Il se fait à partir
des analyses extérieures d'Air Normand corrigées en fonction
d'un modèle mathématique de pénétration dans les habitats. Ce modèle
a été établi en s'appuyant sur des mesures
réalisées dans des salles de séjour de logements havrais,
dans une salle de classe, dans un local professionnel et dans un
véhicule durant des périodes hivernales et estivales.
Il faut encore tenir compte du " budget espace-temps-activité "
et des fluctuations du débit respiratoire qui en découlent. Le budget
espace-temps-activité consiste en l'emploi du temps de chacun :
heure, durée, lieu et activité. Il est connu grâce à de vastes
enquêtes. De nombreux autres renseignements sont ainsi collectés
comme le type d'habitat, l'équipement du foyer et les habitudes
d'aération des occupants. A chaque activité correspond un rythme
respiratoire : au plus bas lors du repos, très élevé lors d'une
activité sportive et différent selon que l'on conduit un véhicule
ou que l'on en soit simplement le passager !
Grâce à cette méthode, même indirecte puisque calculée, l'exposition
individuelle peut être mieux connue.
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Les
graphiques ci-contre présentent les résultats obtenus pour
deux polluants qui ont majoritairement leurs sources à l'extérieur
des habitats et pour lesquels on connaît encore des dépassements
des valeurs seuils certains jours : le dioxyde de soufre (SO2)
et l'ozone (O3). Il apparaît des profils types selon le mois,
le jour de la semaine ou l'heure de la journée.
Ainsi,
au fil des saisons, l'exposition peut doubler entre l'été,
où l'on a tendance à sortir et chercher le grand air, et l'hiver
où le confinement est plutôt de mise.
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Au
cours de la semaine, on remarque une exposition moins forte le dimanche,
jour synonyme de repos où l'on demeure plus facilement chez soi
: l'exposition individuelle au SO2 baisse ainsi de 29 % et de 15
% pour l'O3. Une
différence jour-nuit se démarque aussi très nettement : le sommeil
joue un rôle " protecteur " sous-estimé, lié évidemment au
confinement mais aussi à un rythme respiratoire ralenti.
D'une
façon générale, pour le SO2 et l'O3, on considère que les
valeurs mesurées dans l'air extérieur sont 3 fois
supérieures aux valeurs auxquelles une personne est en moyenne
exposée par son comportement et sa respiration. Mais, si
les données d'Air Normand peuvent varier de 1 à 2, l'exposition
personnelle connaît, elle, une plus grande dénivellation jusqu'à
un facteur 5 au cours d'une journée. On peut y noter les heures
d'exposition maximale : de 9h à 11h pour le SO2 et de 15h à 17h
pour l'O3.
La météorologie influence non seulement la dispersion des polluants
mais aussi nos activités. Ce travail a ainsi démontré que l'exposition
double d'un jour chômé de mauvais temps à un jour ouvrable de beau
temps et que la différence est plus liée au comportement
qu'au niveau de pollution extérieure.
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