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questions au Docteur Gehanno
Le
service de médecine du travail du CHU Charles Nicolle à Rouen projetait
depuis quelques années de s'élargir aux pathologies de l'environnement.
Une orientation devenue officielle l'an passé et confirmée dès septembre
2001 grâce à la présence à temps complet du Docteur Gehanno.
Qui
vient vous consulter ? Les consultations sont-elles prises en charge
par la Sécurité Sociale ?
Les
patients viennent directement nous voir, en général sur le conseil
de leur médecin traitant ou du médecin du travail. Nous pouvons
également étudier certains cas sur dossier. La consultation est
similaire aux autres consultations de l'hôpital et elle est
prise en charge par la sécurité sociale ainsi que les examens complémentaires,
s'il y en a.
Comment
procédez-vous pour établir vos diagnostics ?
Connaissant,
surtout via les données de la littérature, les liens
potentiels entre pathologies et toxiques, on recherche les expositions
à ces toxiques. Il faut ensuite établir la réalité
et la force du lien, le plus souvent de façon probabiliste. C'est
parfois assez complexe car il est rare d'observer des pathologies
spécifiques. Des examens biologiques sont souvent nécessaires mais
ils restent pour la plupart classiques et peu invasifs comme une
prise de sang ou des analyses d'urine.
Pouvez-vous
donner des éléments sur ce que vous constatez ?
Les
pathologies respiratoires d'origine environnementale (asthme,réactions
d'irritation des voies respiratoires) sont fréquentes mais
sont plutôt vues par les pneumologues et les othorhinolaryngologistes,
libéraux ou hospitaliers. Les pathologies d'origine toxique
observées dans notre service sont le plus souvent liées
à une exposition en milieu industriel (pathologies hépatiques
ou leucémie liées aux solvants par exemple) et les
consultations liées à des problèmes environnementaux
stricts sont encore rares. Néanmoins, les différences
entre les deux s'amenuisent car les schémas d'exposition
se rapprochent. En effet, les polluants sont souvent les mêmes
et les troubles d'origine professionnelle sont désormais
rarement conséquence d'expositions aiguës intenses mais
résultent plutôt d'expositions chroniques à
des faibles doses, ce qui s'observe également dans l'environnement
général. Les méthodes d'approche des problèmes
sont donc tout à fait superposables.
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